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Selon les époques, la notion de propreté est perçue tour à tour comme un vice ou une vertu. Au cœur du débat, nous retrouvons un élément essentiel : l'eau.
Durant l'Antiquité, elle est sacralisée, et dans l'Église primitive, se laver entièrement est signe de purification de l'âme. Puis sous l'Ancien Régime, l'eau suscite la méfiance. C'est en effet, à cette époque que se développe la théorie des humeurs selon laquelle l'immersion du corps dans l'eau est perçue comme un facteur de déséquilibre physiologique. La dilatation des pores de la peau affaiblirait le corps et permettrait l'infiltration des maladies.
Par conséquent, l'usage des étuves, sorte de bains publics, est considéré comme propagateur d'épidémies et comme source de désordres moraux en raison de la promiscuité des corps. La crasse devient un facteur de conservation, elle protège.
Se développe alors la " toilette sèche", qui est plus symbolique qu'autre chose. L'apparence prime sur la propreté réelle des corps.
Ce royaume de l'apparat mène également à d'autres pratiques, notamment l'usage du maillot de corps, qui contrairement à la peau et aux vêtements, est lavé régulièrement. Les seules parties du corps nettoyées régulièrement, du Moyen Âge jusqu'au XVIIIe, sont les mains et le visage, surtout pour répondre aux codes de bonne conduite.
Sous Louis XVI, les gestes de l'hygiène corporelle commencent à s'effectuer dans des pièces spécifiques, à l'abri des regards. Lieux d'aisance et bidets font leur apparition. L'eau commence lentement à être acceptée.
Les salles de bain deviennent alors à la mode, mais dans une optique de détente : on y cause, on fait salon. Ce n'est qu'au XIXe siècle que le bain devient une pratique hygiénique.
En 1962, 29% des foyers avaient une douche. Aujourd'hui, 85% en sont équipés.
Un point important de l'histoire de l'hygiène est celui des odeurs.
Elles sont acceptées, tolérées jusqu'au XVIIe siècle, puis de nombreuses mesures sont prises, que ce soit à l'échelle de la ville ou des individus. On ne cherche pas à supprimer les odeurs corporelles, mais on les couvre avec des parfums très forts. Le parfum est pourtant apparu au Moyen Âge, mais son essor ne se fait qu'au XVIIe siècle. Visages, mains, bouches sont nettoyés à l'eau parfumée.
En ce qui concerne l'hygiène à l'échelle urbaine, la notion de propreté se situe à la croisée d'un besoin privé et d'une politique publique. Jusqu'au XVIIIe, la rue sert de latrines publiques. La population urine et jette ses ordures dehors, contribuant à la prolifération des épidémies.
Les premières mesures prophylactiques datent de la fin du Moyen Âge, et consistent essentiellement à ne plus jeter le sang des saignées dans la Seine.
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